kyoto

retour à kyoto…

encore une fois…

le calme, les stimulations amicales… encore une fois

la ville a tout conservé de sa majestueuse placidité

dès l’arrivée l’accueil de hiroko était tout à fait chaleureux; de client de son bar il y a dix ans, j’ai l’impression d’être devenu à présent son ami ; un ami à qui on offre un « welcome lunch ». et puis après, nous sommes partis à la recherche d’une bicyclette à louer pour jérémie (la mienne m’attendait chez sylvain et sae, sous le haut gardiennage de naoko), et la magie amicale de kyoto s’est déployée…

aujourd’hui, sur l’invitation de sylvain, j’ai fait une intervention dans son université sur le personnage arlequin. je me suis donc retrouvé dans un amphithéâtre de 600 ou 700 places avec un bureau pour chaque siège, sans éclairages de scène, et sans préparation. et là, j’ai improvisé le début du spectacle. bien intéressante cette notion d’improvisation. bien que cela soit à partir de quelque chose que je connais (le début de mon spectacle), je me suis retrouvé face à un public avec lequel je n’avais aucun lien préexistant, hormis le fait que j’ai deux jambes, deux bras, etc. moi j’étais un acteur étranger invité qui interprétait arlequin, et eux, ils étaient concentrés et jeunes, très jeunes: des étudiants japonais d’une fac perdue dans la forêt.

et tout cela m’a fait réfléchir à ça: à partir de quoi une improvisation déclenche-t-elle l’intéret de la personne qui la regarde? la performance? oui, bien sûr mais il faut se méfier de ne pas tomber dans une volonté d’épater (du genre livre des records). de plus avec la performance, ou l’extraordinaire, on exécute une action qui laisse le spectateur, bien enfoncé dans son fauteuil, bien trop passif et voyeur, le contraire de l’improvisation. non, je crois qu’il faut surtout trouver le lien. le point commun avec le public et ensuite, il faut étirer ce point, l’allonger, le renforcer, travailler dessus afin de faire fleurir quelque chose qui soit réel. il faut créer une connexion avec l’autre, avec les autres, qui soit dans le présent, et non dans l’idée que je me fais d’eux, ou bien qu’ils se font de moi. l’art de l’improvisation, c’est le présent, bien sûr. alors, je me dis aussi ce soir, assis devant mon ordinateur, et quelques heures après avoir essayé de mettre en pratique tout ça, je me dis que c’est encore une fois le travail qui compte, c’est le travail qui offre la connexion. je m’explique, si moi, lorsque je joue devant ces jeunes étudiants, je travaille réellement à étudier mes actions et mes mouvements, en les ralentissant, en les accélérant, en les modulant, sans chercher l’efficacité, ni le rire, ni la performance (du style livre des records), si donc, je m’amuse réellement dans un travail sincère, quelques uns de ces étudiants, (qui sont des êtres humains comme moi, je le répète), quelques uns de ces étudiants risquent donc de trouver dans ce qu’ils voient quelque chose qui leur parle, quelque chose qui les interpelle…

et à partir de là le théâtre peut commencer… et c’est encore une autre histoire.

bon ça suffit pour aujourd’hui, il est tard ici.

en tous cas, comme le montre laphoto, je ne suis pas le seul à succomber à sa majesté kyoto

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