plus que deux… délire!

il ne reste plus que deux représentations à venir de notre « délire à deux », né de notre volonté commune, valérie et moi, de jouer ensemble. nous voulions prolonger sur la scène une sensation ressentie, vingt ans auparavant, lorsque nous sortions du conservatoire en jouant ensemble un extrait du « valet de deux maîtres » la célèbre pièce de goldoni. une scène qui mettait en présence truffaldino et smeraldina.

je constate aujourd’hui que cette scène m’a marqué, elle a déjà décidé d’une notion importante de mon parcours, celle de la vérité. à commencer par la vérité sur cette pièce, « le valet de deux maître », plus connue sous le nom de « arlecchino servitore di due padroni ». un titre qui n’est pas celui que goldoni avait donné à la pièce car il avait écrit cette pièce pour un acteur dénommé antonio sacchi, qui voulait une pièce qui mette en valeur son personnage « truffaldino ». rien à voir donc avec arlequin. d’ailleurs, j’étais à l’époque allé voir le texte original à la bnf, rue vivienne afin d’utiliser quelques bribes de dialecte vénitien, langue originale de la pièce et je me souviens bien du titre original, celui de goldoni: « il servitore de due padroni » et c’est tout!

en réalité, c’est giorgio strehler dans la deuxième partie du 20° siècle qui donna à cette pièce le nom sous lequel on la connaît aujourd’hui, remplaçant au passage « truffaldino » par « arlecchino », d’où la confusion dans laquelle se trouve beaucoup de gens pensant que « arlequin » vient de « arlecchino » (alors que c’est le contraire) ou encore que goldoni est l’inventeur du personnage d’arlecchino. quelle méprise!!!

quoi qu’il en soit, et sans lien avec toute l’histoire ci-dessus, nous voulions, valérie et moi, retrouver cette relation rare, précieuse, grisante… de partenaires.

et ce projet est arrivé avec son lot d’imprévus qui nous a fait découvrir jour après jour que nous étions entourés de plus de médiocrité que prévu mais heureusement, il y a eu un troisième compère dans notre délire à deux, c’est monsieur philippe ducou (malheureusement cantonné au début au seul travail sur le mouvement).

nous lui devons beaucoup à philippe, nous lui devons d’avoir réussi à trouver une clarté dans cette pièce obscure, même si ce fut au prix d’un travail harassant post-première et à chaque représentation, nous lui devons aussi d’avoir réussi à nous rendre le chemin du partenaire. encore plus fort, nous lui devons d’avoir réussi à rendre sensibles les quatre mots emblématiques de peter brook: « jouer est un jeu! »

merci valérie et merci philippe

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