dernière

hier soir c’était la dernière de trickster au théâtre de la cité internationale. la conclusion de trois semaines intenses. trois semaines de plaisir à rencontrer, découvrir ou retrouver des amis d’hier ou d’aujourd’hui, spectateurs connus ; ou d’autres, beaucoup d’autres, spectateurs inconnus.

à chaque fois j’ai été touché par les témoignages de toutes ces personnes qui m’attendaient (parfois longtemps) à la sortie du spectacle, ou qui (plus tard) m’envoyaient des sms ou des mails. j’ai été heureux d’entendre (ou de lire) que ces spectateurs avaient vécu un moment intense en voyant le spectacle, qu’ils s’étaient emparés du propos du spectacle pour en faire le miroir de leur propre vision ; et finalement je me suis rendu compte que c’était ça le plus important, ça : la relation humaine fraternelle et sensible, la cérémonie du présent et de l’humain, vieille comme le monde, en tout cas, depuis que le théâtre existe. oui, c’est ça le plus important, et je pense que c’est bien de se le dire (ou de l’écrire dans ce blog). et ce, surtout lorsque je vois bien que mon travail pose problème à certains programmateurs (certains, pas tous, nous sommes bien d’accord) qui ne savent pas quelle étiquette coller sur mon travail (théâtre? danse? classique? contemporain?) et ils sont inquiets pour leur public, leur cher public… qui ne va pas comprendre (ah combien de fois ai-je entendu ça, cette angoisse de ne pas comprendre?).

et pourtant… aucune posture artificielle dans le fait d’être inclassable, aucun calcul de carrière là-dedans, juste un fil de recherche ténu, un itinéraire de travail, et lorsqu’il m’arrive d’avoir des salles pleines de jeunes qui ne sont pas encore formatés pour tout comprendre, le spectacle s’envole avec eux, par un échange subtil, énergétique… humain. et on se dit que parfois (parfois, pas toujours) le public est plus intelligent que ceux qui sont censé décider d’une programmation qui leur sera destinée. mais chacun sait qu’en france, faire des spectacles qui ne sont pas d’énième relectures de classiques, mais plutôt des propositions originales qui passent par le rire, c’est tout de suite suspect et c’est rarement bien vu ; n’oublions pas que nous sommes dans le pays de la raison, qui se reconnait plus dans la langue de corneille que dans celle de rabelais (même s’il est au programme du bac cette année) ou dans le misanthrope plus que dans « le sac ridicule ou scapin s’enveloppe »…

et puis aussi, n’oublions pas qu’on n’invente jamais grand chose et que les contemporains que nous sommes deviendront inévitablement les vieux (ringards?) de demain.

en tout cas, merci à tous ces spectateurs, à toute cette énergie et tout ce bonheur !

et maintenant, trickster met le cap sur l’afrique !

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