rencontre

alors, voilà! finalement cette représentation en plein air et en plein centre ville a été intense, marquée par l’échange, l’humanité et la fraternisation. et ce que j’y ai trouvé de plus beau réside dans le sourire des sénégalais. la victoire de la rencontre.

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mais cette représentation a aussi été un combat contre les éléments. contre la chaleur déjà, avec un masque qui dégoulinait de sueur après 1 mn de jeu. contre l’espace surtout avec une scène ouverte aux 4 vents sans retour de son, d’où une impossibilité d’évaluer le registre juste de mon timbre de voix et mon aigu est devenu mon medium. au coeur de l’action, sans repère auditif, j’ai pris conscience de ce défaut. alors, calmement, tout en continuant à faire avancer le fil du spectacle, j’ai relâché mon larynx et pris le temps de respirer profondément, les poumons disponibles. 30 mn après, j’ai fini la représentation fatigué mais la voix préservée, claire et tonique, deuxième victoire, plus privée celle-ci, mais non moins fondamentale. car c’est en n’altérant pas mon tonus fondamental et en ne m’oubliant pas dans l’auto-destruction que la relation avec le public a pu atteindre une qualité supérieure.

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et puis tout ça : cet échange, cette rencontre et ce combat, tous ces symptômes de la présence n’ont été possible que par la présence justement, la présence généreuse d’un public mélangé : des blancs, des noirs, des vieux, des jeunes, etc. et lorsque j’ai vu le visage de ce public nombreux, dès le début de la présentation j’ai compris que c’était la manifestation d’un premier succès, le couronnement d’une semaine d’efforts auprès de groupes de gens très différents :
— un atelier sur l’improvisation destiné à des enfants abandonnés
— une performance sur la place d’un village, entre 2 leçons de coran
— un atelier pour adolescents
— et un autre pour enfants très jeunes

à chaque fois, le seul but a été de partager une pratique théâtrale, une recherche sur la présence (oui, encore la présence) pour préparer avec chacun d’eux ce moment exceptionnel de partage universel, cette cérémonie archaïque et contemporaine toujours recommencée qu’on appelle (re)présentation.
ce travail de préparation est le même que celui que je fais avec le public de rennes ou de dunkerque. pure relation avec le public, dignité du théâtre d’art, subventionné, fierté d’un art égalitaire pour tous. et grâce à ce travail de proximité humaine, ça y est je peux dire que j’ai joué en afrique pour les africains.

tout à l’heure je suis arrivé à nouakchott, dans le calme et le sable, à l’inverse de dakar… aux portes du royaume des hommes bleus et du mahgreb…
à suivre.

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