sagesse africaine

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nouakchott, fin d’après midi :
nous sommes à l’espace culturel de diadié tabara camara. rencontre autour de la présentation de trickster à l’institut français. un cercle de population : des enfants, des acteurs, des femmes, un écrivain, des musiciens, des personnes exclusivement arabophones et diadié. je dois mener la rencontre, tour de cercle, présentations. chacun se présente tel qu’il se pense. à mon tour, je parle d’arlequin… les gens m’écoutent, j’expose ma recherche personnelle, ils me suivent… alors je vais plus loin, je réfléchis en direct à la formulation la plus épurée de ce qui résume le mieux mon travail. sourires, acquiescements :
— ce que tu viens de nous exposer me rend impatient de découvrir ton travail demain soir! n’en dis pas plus, garde du secret.
— oui, assez parlé! montre nous maintenant ce que c’est… arlequin.
un temps. ne pas céder à la peur, à la caution intellectuelle (pas échauffé, pas mes masques, pas envie de dévoiler mon art sans l’écrin de la scène, etc), ne pas fuir la fraternisation qui passe par le don de soi, s’offrir aux autres dans le présent pour l’échange. humanité.
sans réfléchir mais en m’appuyant sur ma parole de trickster, je me mets debout… et je bouge, je bouge pour eux, je les entraîne dans mon corps, dans les élastiques vertus de mes articulations. j’accélère. puis je ralentis pour passer le relai: j’invite un des enfants sur scène. il devient arlequin, puis un autre, encore un autre, puis un acteur. ça démange. ils veulent tous brûler la scène.
pause. on boit du pain de singe (jus de baobab).
à la reprise la nuit approche, les visages commencent à s’effacer dans l’obscurité, les enfants se retirent et la rencontre devient un débat de professionnels sur les différences de l’usage du masque selon les rituels africains ou le théâtre occidental. j’évoque le souvenir de mon maître de nô à kyoto…
dans la paix et le sourire, dans le calme et la douceur, diadié clos cette rencontre, et nous laisse nous éloigner dans les rues obscures de nouakchott jusqu’à un havre de paix et de lumière où nous nous reposons en mangeant et buvant.

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là, nous réalisons que ce soir, nous avons rencontré la sagesse africaine. une leçon de vie, humble, généreuse, sincère et intelligente, extraordinaire et inattendue…
du 20 au 26 novembre, l’espace camara organise un festival sur les droits de l’enfant avec expos, théâtre, thé-débat, jeux et bandes dessinées.
et nous, ce soir, nous jouons à 21h à l’institut français pour eux, les gens d’ici.
à suivre…

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