dôzo

et voilà!

j’ai joué deux fois à yokohama et deux à kyoto, animé un stage pour des enfants à yokohama, et un autre pour des acteurs à osaka : quatre représentations et deux stages.

assis sur les tatamis d’une guest house de kyoto, je me retrouve déjà à mi-chemin de cette tournée japonaise d’harlequin/tengu (my trickster special japan). je constate qu’étrangement, jusqu’ici je n’ai pas réussi à trouver du temps pour alimenter ce blog de nouvelles fraîches, à la différence d’il y a deux ans. outre le fait qu’aujourd’hui est mon premier jour de relâche depuis mon arrivée, je trouve qu’il y a une certaine logique à tout ça. je constate que depuis mon arrivée au japon, l’effet de surprise est passé et je n’ai plus forcément besoin d’écrire et partager mes émotions pour mieux les comprendre. jouer en japonais au japon est une chose que je pratique désormais depuis plusieurs années. j’apprécie ce public concentré, attentif, exigeant mais je ne m’en étonne plus, je n’ai plus la nécessité de le commenter. je me sens acteur d’une histoire qui se vit au présent avec pour principale valeur d’être ce qu’elle est ici, au japon. je veux dire que ce que représente en france le fait de réussir le défi de jouer arlequin en japonais ici au japon dans un réseau de salles de spectacles majoritairement japonais, n’a finalement plus une grande importance. je me réjouis, tout simplement, de partager avec des spectateurs étrangers à ma langue et à ma culture, une lecture très personnelle d’arlequin dans laquelle je m’approprie toutes les traditions que j’ai traversé pour me construire moi-même à travers elles. et même lorsque je m’amuse avec le nô, les gens d’ici en saisissent l’humour, le sens et l’utilité. c’est bien. une amie m’a dit avec la plus grande simplicité que je me retrouvais face à moi-même à la fin de ce spectacle et que c’était le propre du zen. tout simplement.

un des plus beaux cadeaux qui m’ait été fait ces derniers jours, me vient certainement de udaka michishige, mon maître de nô. à l’issue de la première à kyoto, nous avons participé tous deux à un débat d’après-spectacle dans lequel il m’a dit à quel point il était impressionné par ma capacité à chanter les yogas sutras de patanjali et qu’il en avait ressenti une force hors du commun ; puis comme il avait amené une petite valise rectangulaire, il l’a ouverte, en a sorti deux masques de nô, et les a désigné de la main en me disant : dôzo!

cela voulait dire que je pouvais prendre un masque, l’enfiler et jouer avec. alors je ne me suis pas défilé : devant cet auditoire japonais, et devant mon maître de nô d’il y a 15 ans, je me suis exécuté. l’odeur de l’hinoki dans le cœur du masque m’a inspiré une sorte de magma énergétique qui me faisait prendre racine dans le sol tout en me déplaçant sur la scène. j’ai joué, j’ai improvisé mouvements et chants, porté par le pouvoir olfactif et enivrant de ce masque.

et voilà…

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