point

je viens de jouer ma dernière représentation au japon. sensation de flottement à présent. plus de repère temporel. je suis dans un état qui varie entre épuisement et relâchement avant 15 heures d’avion. une envie de bilan se fait aussi sentir, donner du sens à tout ça. quel intérêt y a-t-il d’aller jouer aussi loin un spectacle aussi personnel? pourquoi cet éloignement d’un mois? qu’est-ce que ça change à mon parcours? à mon évolution?

ma recherche personnelle vient de renouer ici avec un de ses points de départ… une quête du masque, de l’asie, de la tradition, du comique et finalement de moi-même, toute cette exploration (qui peut être résumée par ce mot emblématique : trickster) c’est ici que je l’ai initiée, c’est le japon qui m’en a ouvert la porte, par l’entremise de la villa kujoyama et de cette retraite de 4 mois, il y a quinze ans.

ces derniers jours, j’ai fait une découverte fondamentale concernant les premières secondes de mon spectacle : ne plus chercher rien d’autre qu’une certaine désinvolture qui est l’acte-même du jeu (c’est à dire à s’arrêter d’être sérieux et s’amuser)… et même si au début ça n’est que pour mon propre plaisir, je ne me concentre plus que sur ce point de nonchalance qui fait de la scène le lieu d’expression d’une légèreté non-complaisante. autrement dit « faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux ». et à partir de là, tout le reste change, tout le spectacle bascule dans l’acceptation du temps et des choses telles qu’elles sont.

à propos de ne pas se prendre au sérieux, hier soir je me suis retrouvé à faire une performance dans une salle de cinéma du centre de fukuoka pour la version japonaise de la « nuit des publivores » conduite par jean-christian bouvier. je me suis retrouvé dans la position d’arlequin, saltimbanque et amuseur public (45 secondes pour donner tout tout de suite). dans les secondes qui précédaient mon intervention, assis sur les marches de ce cinéma je m’amusais de constater que je me retrouvais dans une posture qui m’obligeait à jouer réellement arlequin : comique, fulgurant, animal, simple et burlesque ; pas de faux-fuyant possible. c’était comme si tout ce que j’avais réalisé comme recherche et comme peaufinage de mon spectacle pendant 15 ans trouvait tout à coup un sens en jouant comme ça… sans filet.

et puis aussi, en lisant kundera, j’ai été saisi par la réflexion d’un de ses personnages qui découvre son vrai visage et l’accepte. entrainé malgré lui dans des histoires qui lui sont impropres, il décide de ne plus céder aux jeu de masques (virtuels) dont il est capable ; et chemin faisant, il se trouve.

peut-être est-ce là le meilleur résumé de mon spectacle… et de moi-même.

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