dernier jour à Kyoto avec Matsumoto Kaoru

Pour ma dernière journée à Kyoto, j’ai retrouvé Matsumoto-san, l’acteur de Kyogen qui jouait avec moi dans Monnaie de Singes, créé au Cloître des Célestins (Festival d’Avignon 2000).

Après un bref voyage dans sa magnifique voiture, tout droit sortie d’un manga…

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nous avons passé un long moment dans le calme d’un coffee shop de l’est de la ville.

IMG_1796.JPGun lieu dans lequel le temps semblait s’être arrêté.

IMG_1797.JPGEn regardant Matsumoto depuis ma solitude de français au Japon, je pensais à tous ces moments que nous avons vécus ensemble de la première répétition à Pékin en octobre 1999, jusqu’à la dernière représentation au théâtre de la ville en mai 2001. Je repensais à sa solitude d’homme japonais toujours souriant dans les différentes villes chinoises, françaises, espagnoles et portugaises que nous avons traversées. Je constatais qu’il avait toujours le même sourire et cette originalité qui est la sienne et qui n’appartient qu’à lui.

Mais en aucun cas on ne pourrait qualifier cette originalité de « manière d’être japonaise » comme j’avais pu hativement le penser à l’époque.

IMG_1810.JPGIl se trouve que, depuis cinq ans, les personnes avec lesquelles je travaille au Japon, sont toutes issues du milieu de la création contemporaine (théâtre ou arts visuels), ce n’était donc pas sans une certaine nostalgie pour moi que nous avons entamé une discussion sur le théâtre Nô, profitant de la présence passagère d’une traductrice. C’était vraiment agréable de l’entendre établir un parallèle entre une une goutte d’eau qui coule sur une feuille d’arbre et le théâtre Nô.

IMG_1877.JPGIl expliquait que, « quand une goutte d’eau coule sur une feuille, cela prend un certain temps, un temps qui s’étire et qui entraîne l’observateur à participer à la glissade de la goutte, à être aspiré par elle au cœur de son déplacement ; cette relation au temps est tout à fait comparable au processus du Nô : avec le ralentissement des mouvements de l’acteur, et les variations rythmiques de la prosodie, comme de la musique, l’observateur (ou spectateur) est attiré, absorbé par ce qu’il voit et il attend inexorablement l’événement ».

La métaphore me semble excellente !

Et j’ai tout de suite pensé à l’œuvre de Rei Naito (artiste) et Ryue Nishizawa (architecte) que l’on peut découvrir au Teshima Art Museum. On y voit des gouttes d’eau couler le long du sol en béton ciré et à observer et attendre dans la délicatesse de ces gouttes d’eau, on entre dans un état méditatif et le temps s’arrête…

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et pendant que je rêvais à tout ça, perdu au cœur d’une tentative de traduction surréaliste, j’ai aperçu Matsumoto qui récupérait un peu d’eau dans le creux d’une cuillère à café, afin de s’appliquer à la faire couler consciencieusement sur la feuille d’une petite plante qui se trouvait sur notre table.

Cette action représente parfaitement l’esprit de Matsumoto, avec une poésie drôle et tout à fait digne d’un très grand clown… une poésie qui n’appartient qu’à lui.

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A bientôt, monsieur Matsumoto ! 松本さん、またね。

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Mais comme toutes les bonnes choses, une sayonara party n’est jamais réussie si elle ne se termine pas chez le baron…

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