parlaparole

d’après l’œuvre de François Rabelais

adaptation et mise en scène de Didier Galas

parlaparole

Avec : Valentine Carette, Fany Mary

Dispositif scénique : Jean-François Guillon

Lumières : Jérémie Papin

Son : Marie Charles

Costumes : Catherine Sardi

Travail vocal : Valérie Joly

Assistanat : Sarah Oppenheim

Montage vidéo : François Coissard

Régie générale : Pauline Bonnet

Régie Lumière : David Griffaut

Chanson : Valentine Carette et Frank Williams

Production : Ensemble Lidonnes

Coproduction : Théâtre National de Bretagne / Rennes

Créé au Théâtre National de Bretagne, Festival Mettre en Scène 2012, du 08 au 17 novembre 2012

Musée du Louvre-Lens : samedi 12 et dimanche 13 janvier 2013

François Rabelais fût l’un des chantres de l’Humanisme de la Renaissance, un « abîme de science ». Son œuvre, complexe, et riche en contrastes, a suscité les jugements les plus opposés, tantôt associée à la plus grande vulgarité, tantôt considérée comme une pièce maîtresse de la littérature française. La Bruyère résume avec finesse l’ambivalence de la critique portée à Rabelais : « Où il est mauvais, il passe bien loin au-delà du pire, c’est le charme de la canaille ; où il est bon, il va jusques à l’exquis et à l’excellent, il peut être les mets des plus délicats ».

Apparentes fables burlesques sur toile de réalisme pittoresque, satires efficaces et acérées, les écrits de François Rabelais sont aussi la manifestation d’une créativité verbale prodigieuse. Inspirée de dialectes provinciaux, de langues mortes et étrangères, construite et déconstruite sous le jeu d’un style extrêmement souple et plastique, la langue rabelaisienne possède une musicalité propre, une séduction poétique sans pareil que ses contemporains ne comprenaient pas « naturellement » : il leur fallait déjà « tendre l’oreille » pour saisir cette parole hypnotique. Aujourd’hui le style de François Rabelais n’est pas sans affinité avec la « poésie sonore » dont l’existence est fondée sur des pratiques qui s’échappent du livre et revendiquent l’oralité d’une une poésie qui est issue des sons plus que du sens. Aussi, les langues inventées de François Rabelais n’ont-elles rien à envier à la déclaration tonitruante de Hugo Ball au Cabaret Voltaire : « J’ai créé une nouvelle espèce de vers, des « vers sans mots », ou poèmes sonores… j’ai récité ceci : gadji beri bimba glandridi lauli lonni cadori… »

A lire Rabelais, on découvre une œuvre fondée sur une volubilité, une délicatesse et une légèreté que l’on peut aller jusqu’à qualifier de « féminine », et par le biais de laquelle on pénètre au plus profond du langage, bien au delà des géants, de la profusion de boissons ou de l’excès de braquemarts.

L’ambition de Parlaparole est de révéler toute la féminité du verbe rabelaisien comme une porte d’entrée à sa modernité quasi « électrique ». Sur scène, il y a deux pilotes de choix pour nous guider sur une mer de paroles rabelaisiennes, deux actrices incandescentes qui nous entraînent pour une expérience d’une heure au cœur de la poésie débridée. Par la grâce de leurs corps et le charme de leurs voix, elles nous donnent à entendre la pleine expression d’une langue libérée du sens… jusqu’à la musique des sons, jusqu’à un concert de paroles.

Didier Galas

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